Je n’avais pas beaucoup aimé La Coach, j’avais bien accroché au Mur grec, j’ai dévoré Et Athènes brûlait, le dernier-né de Nicolas Verdan aux Éditions de l’Aube noire. Nicolas Verdan ? Non, Nikos Nikolopoulos !
Oui car Nicolas a des origines grecques. Il a décidé d’assumer ouvertement sa filiation maternelle. Ses polars, désormais, il les signera Nikos Nikolopoulos. Ce n’est pas qu’une coquetterie d’auteur. Verdan n’aime pas la Grèce, il l’adore. Et comme chacun le sait qui aime bien châtie bien. C’est entendu, Et Athènes brûlait exhale un parfum d’attachement viscéral aux lieux, il sent aussi une sale suie toxique (les feux de forêts), la clope froide et la sueur sous les aisselles.
Avec Verdan, nous sommes plongés dans l’enfer d’un monde en bout de course. À Eleusis, à Athènes, des eaux du golfe saronique, jusqu’aux dernières îles face à la côte turque, la croisière grecque ne s’amuse plus. Ça sent l’eucalyptus et les pins calcinés, les balades entre viaducs pourris et ruelles escarpées ; on longe des ports et des côtes paradisiaques défigurés par des grues monstrueuses. On y est. L’enfer sur terre. 2026.
La carte postale est définitivement mitée, la faute au réchauffement climatique, aux magouilles quotidiennes, aux scélératesses politiques.
L’histoire, pas question de la raconter, c’est surtout une panoplie de personnages qui jouent au polar noir, vicieux, sans issue. Les dés sont pipés, mais on ne sait pas vraiment comment et pourquoi, qui surtout. Des policiers traquent des écoterroristes, des flics crament des réfugiés sans papiers, des enquêteurs remontent des pistes jusqu’à la dictature des colonels. Un jeu de pistes balisé par un auteur qui maîtrise son sujet sans en devenir pesant. Sans en avoir l’air, on apprend plein de choses au passage.
Et Athènes brûlait est glauque, les premiers chapitres sont même suffocants. Les lecteurs les plus optimistes doivent s’accrocher parfois. Et, ô miracle, malgré le sombre et le gluant, on se laisse porter par l’histoire ; on en reveut, on tourne les pages. On serait même prêt à prendre le premier avion pour Athènes. Sans se soucier de savoir si les feux sont éteints ou si les méchants sont emprisonnés.
Bouquin terminé, refermé, on se met à rêver. Rallier la Grèce toutes affaires cessantes et foncer sur les traces de Popi !
Vous aimeriez bien savoir qui est Popi, n’est-ce pas ? Allez donc à sa rencontre, dès la page 30. Vous serez ferrés !
