Big Leon T

Rassurez-vous, il n’est pas question de tomber dans le jeunisme ambian ! Retraité depuis peu (enfin…) et donc destiné aux galetas de nos sociétés assoiffées de jobs et de rendements, je me suis trouvé pendant les fêtes une raison de me réjouir. Le vieux Léon Tolstoï cité par Lionel Duroy dans son dernier opus: Disparaître est au bout du rouleau. Il a 82 ans. Il fuit sa maison d’Iasnaïa Poliana au sud de Moscou. Il détale. Il quitte sa femme devenue folle. Il dit vouloir mourir seul, loin de cette Sofia invivable, être ailleurs; et pourquoi pas mourir à petit feu, pas trop vite… Allez savoir avec Léon ! Bref, il est monté dans le train, il est parti. Il écrit une dernière lettre à cette Sofia aimée toute une vie pour l’adjurer de ne pas se donner la mort (c’est Duroy qui nous le dit). Voici un passage qui m’a touché, moi qui ne suit pas si vieux : « la vie n’est pas une plaisanterie et nous n’avons pas le droit de l’abandonner ainsi. C’est même irraisonnable de la mesurer suivant la durée du temps; les mois qui nous restent à vivre sont peut-être les plus importants que toutes les années vécues; il faut bien les vivre. » Je suis resté scotché sur ce passage d’un livre (Disparaître) que j’ai eu de la peine à faire sortir d’un nombrilisme exténuant au fil des pages. Duroy a fait mieux par le passé. « Les mois qui nous restent à vivre sont peut-être les plus importants que toutes les années vécues; il faut bien les vivre. » Cette musique des mots et du sens ne cessent plus de me trotter dans la tête. Merci Tolstoï !

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