

La chasse à la redevance est lancée depuis 10 ans. Une chasse à courre, à mort, sans merci. Les chasseurs ? L’UDC, les jeunes PLR, l’USAM (les patrons). Les chiens de la meute ? Tous les pisse-froids helvétiques anti service public, une masse informe sans visage qui vomit sans vergogne sur les programmes de la SSR. Je parle ici de simplets ou des lambdas qui ne savent même pas comment se fabrique de la télévision ou de la radio; et en quatre langues. Oui – parce qu’il faut bien le rappeler – la Suisse c’est quatre communautés linguistiques qui méritent toutes un peu de service public. De l’information en premier lieu, mais aussi des magazines d’actualité, de consommation, des émissions politiques, des grands débats de société, de la culture, du sport, des plates-formes gratuites sur internet dédiées à tous les programmes, documentaires et films, sans oublier des archives ouvertes à tous. La SSR, un outil incroyable au service de la population. Un outil démocratique génial qui permet aux citoyens de réfléchir.
Et c’est là où le bât blesse : permettre aux citoyens de réfléchir. On le sait depuis longtemps (pour moi depuis 1992 et le refus de l’EEE, ce rapprochement réfléchi avec l’Union européenne), l’UDC n’aime pas les gens qui réfléchissent. La droite nationaliste suisse veut des citoyens aux ordres. Les jeunes PLR et leur soutien à l’initiative « 200 francs ça suffit » est plus hypocrite. Depuis la création de la Suisse moderne, les radicaux et les libéraux ont toujours milité pour des citoyens responsables et donc réfléchis. Pour les PLR en culottes courtes, l’avenir semble être dans tous les canaux contemporains de diffusion de contenus, sauf ceux de la SSR. Drôle de liberté… Quant aux patrons de l’USAM, ouvrir leur porte-monnaie pour autre chose que leurs bénéfices est une hérésie. Rien de surprenant de ce côté-ci.
Quelques chiffres pour le dessert. Jusqu’en 2015, la redevance radio-TV était de 462 francs par année, puis de 450 francs jusqu’en 2019, de 365 francs depuis 2021, et de 335 francs actuellement. Soit une baisse de près de 30% en dix ans. J’ai connu ces années de serrage des budgets, j’étais journaliste à la RTS, j’ai donc vu de l’intérieur les efforts faits, j’ai même subi un licenciement en 2020 pour « raisons économiques. » Peu importe. Aujourd’hui il est urgent de dire stop aux fossoyeurs du service public. Il est essentiel de militer pour un État fort qui cultive le coeur du projet démocratique : s’occuper de l’ensemble de la population et refuser de s’agenouiller devant les minorités blindées de moyens sonnants et trébuchants.
VOTONS DEUX FOIS NON ! Non à l’initiative « 200 francs ça suffit. » Et non au contre-projet du Conseil fédéral (une redevance à 300 francs).